Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Par dundee
En sortant du film le Discours d 'un roi, j'ai tout de suite pensé à The Queen de Stephen Frears. Même justesse dans le propos sur le pouvoir et la solitude qu'il engendre, même sobriété, même excellence dans l'interprétation. Sauf qu'avec le Discours d'un roi, l'empathie avec le personnage principal est immédiate, l'émotion plus présente. La qualité de la mise en scène de Tom Hooper est de s'effacer derrière la destinée du prince Albert, futur George VI (1936-1952), et de ne jamais dissocier tout au long du récit l'intime et la tradition monarchique. L'intime, représenté par le combat du futur roi depuis sa tendre enfance pour éradiquer son bégaiement et sa relation singulière avec Lionel Logue, orthophoniste détonant et pince-sans rire, s'affiche à l'écran avec une grande sensibilité. Une sensibilité qui s'accompagne également d'une relative pudeur et d'un côté décalé, pince sans-rire que symbolise avec brio Geoffrey Rush en spécialiste qui traite Albert, qu'il appelle Bertie, d'égal à égal, pour les courbettes, prière de sortir.
Les répliques savoureuses car insolites dans la bouche de sa future Majesté lors des séances pour atteindre le lâcher prise et faire enfin jaillir une voix claire et intelligible atténuent le caractère tragique de la situation. En effet, pour un roi, qui succède à un frère contraint d'abdiquer car désireux d'épouser une personne divorcée,ce qui s'oppose aux principes de la religion anglicane, à qui le trône n'était pas destiné et qui fuyait les discours protocolaires, il faudra trouver sa voix, au sens propre, pour s'affirmer comme la voix guidant le peuple en temps de guerre. Et l'entreprise sera longue, douloureuse, décevante mais aussi grandissante.
De la musique, avec un Alexandre Desplat qui fait toujours mouche, au sens du rythme, à la description des personnages, en passant par la qualité de la distribution, impayable Timothy Spall en Winston Churchil ( vu dans les Harry Potter, Sweeney Todd...), Helena Bonham Carter subtile et digne en épouse dévouée (un Oscar qui serait bien mérité ce soir), et évidemment le duo complice du film qui fait un sans-faute, tout est à saluer. Que ce soit Geoffrey Rush (Intolérable cruauté, Pirates des Caraibes...), nommé pour le meilleur second rôle, et évidemment Colin Firth( Valmont, Love actually, Bridget Jones...), nommé en tant que meilleur acteur, les statuettes devraient logiquement leur revenir cette nuit. Pour la récompense suprême du film de l'année la concurrence est telle que je ne me risquerai pas à faire de pronostics. Mais en cas de succès, Le discours d'un roi ne l'aura vraiment pas volé.
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