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Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.

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Des hommes et des dieux, Oncle Boonmee, Le dernier été de la Boyita

 

 Je commence donc par le film de Xavier Beauvois, Des hommes et des dieux, qui s'inspire du massacre des moines de Tibhirine en 1996 en Algérie. Pendant deux heures on suit la vie dans ce monastère, les relations amicales et sincères tissées avec les musulmans qui risqueraient d'être mises à mal par un climat de menace extrêmiste, une habitante résume parfaitement ces échanges en affirmant vous êtes la branche et nous sommes les oiseaux. A l'écran j'ai vu un touchant portrait de groupe, sans complaisance, avec de la pudeur, une mise en scène minimaliste qui sied au cadre austère du refuge, un seul apport musical si l'on excepte évidemment les chants religieux, des religieux qui s'interrogent sur le fait de rester ou de partir et qui refusent finalement de fuir au nom de la foi, de l'humanité, de la compassion, barrage à la barbarie.

 

  J'ai trouvé les acteurs incroyables, Lambert Wilson et Michael Lonsdale en premier lieu. La force de ce long métrage est de parvenir à dépasser le caractère monacal, de dépasser le spirituel pour rejoindre l'universel et ainsi permettre au spectateur de s'identifier aux protagonistes. Parmi les bémols :  je retiens quelques scènes emphatiques sur la foi et leur engagement auprès de Jésus ( l'épisode avec frère Christophe dans sa chambre et la manière dont le dernier repas est évoqué avec l'allusion sous-jacente à la Cène). Malgré tout ce dernier repas avec Le Lac des cygnes de Tchaikovsky en fond sonore se révèle bouleversant. J'ai aussi trouvé remarquables et puissantes les réunions de groupe au cours desquelles il fallait se prononcer sur l'avenir de leur mission.  En conclusion un très bon moment, un message de tolérance, avec une distinction sans ambiguïté entre Islam et islamisme. Par les temps qui courent ce n'est pas inutile.

 

 

  Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)  a déclenché la polémique au dernier festival de Cannes suit à sa palme d'or controversée. Dans ce film thaïlandais de Apichatpong Weerasethakul le héros, victime d'une insuffisance rénale, est sur le point de mourir et au cours des dernières heures de sa vie  voit apparaître les fantômes de ses proches disparus. Je n'ai rien contre l'animisme, que le fils revienne sous les traits d'un" fantôme singe" aux yeux rouges pourquoi pas, Miyazaki excelle dans ce registre, mais là la mise en scène austère atténue le propos. Ce n'est pas une mauvaise création, certaines critiques de la presse parisienne me paraissent excessives, je salue ce ton personnel et singulier, mais au-delà de la rigueur je ne perçois que trop peu l'humanité, les sentiments de l'oncle Boonmee, excepté quand il fait part à son amie de ses remords d'avoir tué des communistes mais on passe rapidement à autre chose.

 

Après la magie opère à une seule reprise lors de l'épisode le plus étrange du scénario avec la rencontre dans une rivière entre un poisson-chat et une princesse. A part ça,  les personnages parlent doucement en devenant inaudibles au sens figuré, c'est un parti pris j'en conviens, le silence, le ton feutré pouvant faire office d'accompagnement dans la mort. Néanmoins ce cadre rigide empêche la poésie de se libérer, la folie de s'exprimer, j'ai eu peu à peu le sentiment d'être étranger aux évènements et au générique final d'avoir été gagné par l'indifférence. Je crains, au vu des 45 000 entrées de la première semaine, qu'il se morfonde dans un relatif anonymat , à peine rehaussé par le tapage de la Croisette.

 

  Le dernier été de la Boyita, production argentine de Julia Solomonoff, raconte la vie de la petite Jorgelina  quittant la"Boyita", la roulotte garée au fond du jardin, pour retrouver son père à la campagne et laisser sa soeur  prise dans les émois de l'âge ingrat. La jeune fille occupe ses journées avec Mario, le fils des paysans voisins.  Pour ne pas me faire lyncher en dévoilant l'intrigue je dirai juste que les deux héros sont à l'âge des premières interrogations en matière d'identité sexuelle. En dépit d'un thème éculé, le passage de l'enfance à l'adolescence, la réalisatrice dessine un portrait sobre et tendre d'enfants attachants, la craquante Jorgelina et l'introverti Mario,  au coeur de paysages sublimes. Je regrette quand même que la psychologie des protagonistes ne soit pas plus fouillée et  que la fin soit aussi abrupte. En somme un  joli film à défaut d'en être un grand.

 

 

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G
<br /> Je pense que je vais essayer d'aller voir les Moines de Tibehirine.<br /> Pour le reste, je vois que tu utilises encore l'adjectif favori de Bastien...<br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> C'est-à-dire ? Lequel ? Le film vaut le coup.<br /> <br /> <br /> <br />