Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Par dundee
Depuis le temps que j'attendais une comédie romantique française aussi renversante. Dans le genre sentimental pur, il y avait le Mademoiselle de Philippe Lioret ( vraiment réussi), dans le mélange des genres, Prête- moi ta main, Hors de Prix étaient satisfaisants. Mais avec l'Arnacoeur, premier long de Pascal Chaumeil, le cinéma français dépasse la majeure partie de la production américaine actuelle. Et pas besoin de rires gras, de mièvrerie. Dans l'un des registres les plus balisés et en même temps les plus délicats, où le voyage prime sur le dénouement inéluctable, il est très ardu de se démarquer. C'est pourtant chose faite. Suivre les péripéties d'Alex, briseur de couples professionnel accompagné de ses deux acolytes, se déguste sans modération. Le décor idyllique, à Monaco, le charme et la sensibilité de Vanessa Paradis, dont le personnage possède deux tares : manger du roquefort au petit-déjeuner, et surtout avoir pour film préféré Dirty Dancing ( référence très présente dans l'intrigue et ironiquement l'archétype de la médiocrité sentimentale au cinéma) n'y sont pas étrangers. Une grande force du film provient aussi de son timing, les gags sonnent juste, et principalement le passage du burlesque au sérieux n'atténue pas l'émotion( ça me rappelle par moments le formidable Un jour sans fin, la crème du genre).
Au côté de Vanessa Paradis, l'inénarrable François Damiens et son pendant féminin Julie Ferrier sont irrésistibles. Quant à Romain Duris, son potentiel comique entrevu dans Le Péril jeune et Molière explose à l'écran. Son côté séducteur aussi, avec une élégance que l'on ne retrouve chez aucun acteur français, excepté Jean Dujardin. Alors oui le côté high-tech des briseurs de ménage est excessif avec un train de vie invraisemblable et des situations incongrues ( par exemple Julie Ferrier qui-presque- incognito s'intègre au personnel de l'hôtel, en faisant preuve d'une polyvalence inouïe), le portrait du futur marié un brin caricatural, BCBG convenu et vraiment fade (mais ça rentre de toute manière dans le cahier des charges canonique). Ces critiques sont toutefois minces eu égard au feu d'artifice que constitue ce rafraîchissant divertissement.
" Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnaît". Les Tontons flingueurs, dialogues de Michel Audiard.
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