Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Evidemment les premières lignes d'un roman ne présagent pas de la qualité d'ensemble d'une oeuvre (néanmoins si elles ne retiennent pas l'attention du lecteur, celui-ci peut vite décrocher), mais elles peuvent être flamboyantes et la fin de l'intrigue peut s'inscrire parfaitement en écho à ce début. Normalement, l'incipit désigne la première ligne du roman, par extension, il recouvre le début du roman, et les longueurs sont variables. Je m'en tiendrai à la première phrase, voire aux deux premières. Petite sélection d'incipits incontournables ( de manière subjective et partielle bien entendu, en partant uniquement de lectures intégrales, car on connaît tous des incipit célèbres de livres non lus -ou juste parcourus- et il serait tellement facile d'en faire de même avec cette sélection) :
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n'avais pas eu le temps de me dire :" je m'endors".
Marcel Proust, Du côté de chez Swann.
Aujourd'hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.
Albert Camus, L'étranger.
Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont un île déserte. Ce n'est pas une raison, pour ne pas se consoler, ce soir, dans les bruits finissants de la rue, se consoler, ce soir, avec des mots.
Albert Cohen, Le livre de ma mère.
Nous étions à l'étude, quand le Proviseur entra, suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre.
Gustave Flaubert, Madame Bovary.
DOUKIPUDONKTAN, se demanda Gabriel excédé.
Raymond Queneau, Zazie dans le métro.
Gabriel Garcia Marquez, Cent ans de solitude.
C'était une journée d'avril froide et claire.
Georges Orwell, 1984.
Lorsque Luca revint en ville, après avoir passé les vacances à l'endroit habituel, au bord de la mer, il avait la sensation de ne pas être bien et de couver une maladie.
Alberto Moravia, La désobéissance.
Il était une fois un vieil homme, tout seul dans son bateau, qui pêchait au milieu du Gulf Stream.
Ernest Hemingway, Le vieil homme et la mer.
Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors la première chose que vous allez demander c'est où je suis né, et à quoi ça a rassemblé ma saloperie d'enfance, et ce que faisaient mes parents avant de m'avoir, et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j'ai pas envie de raconter ça et tout.
J.D Salinger, L'attrape-coeurs.
Pour retrouver les incipits qui m'ont marqué et les retranscrire précisément, outre le recours à mes vieux souvenirs, je me suis basé sur Wikipédia qui renvoyait ensuite au site de Christian Mathis.