Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.

Publicité

Passe ton bac d'abord (Pialat 1978)


J'ai vu le film il  y a plus de deux ans au cinéma, c'était ubuesque ( copie en VF sous-titrée en anglais, son médiocre).  De Pialat, j'avais vu l'Enfance nue, A nos amours, oeuvre poignante bien qu'un peu austère avec la révélation Sandrine Bonnaire, Sous le soleil de Satan, que je n'apprécie pas.  Dans Passe ton bac d'abord, le réalisateur capte à merveille l'atmosphère du Nord comme dans l'Enfance nue( la chaleur humaine, l'ennui, la précarité, la fuite). Son style est reconnaissable : pas ou peu de musique, caméra qui se fait oublier, ton doux-amer avec des moments de vérité, les acteurs non-professionnels y sont pour beaucoup, notamment Bernard et  Patrick avec leurs fines moustaches, plus Sabine Haudepin, qui fera carrière par la suite.

Dans ce Lens de 1978, en crise, on se console en allant au stade, en s'évadant au café, ne jouant les jolis coeurs (pathétique cafetier en coureur invétéré et pourtant si humain). Le cinéaste ne noircit pourtant pas le portrait, ni ne l'idéalise. Oui la vie c'est souvent chiant, bien qu'un personnage dise le contraire à sa mère: " non la vie, c'est pas ça !". Reste alors la poésie : une virée à la mer, la bande de potes, le rire ( la fille avec son maillot de bain léopard). Passe ton bac d'abord élargit surtout intelligemment sa portée, en en évoquant le malaise des jeunes, mais aussi dans une certaine mesure celle de tout un chacun : la mère au foyer, le prof de philo... ont aussi du vague à l'âme, se replient dans les creux de l'habitude.

Je signale aussi la magnifique première scène. Hors-champ, le prof qui parle, tandis que la caméra se concentre sur les tables des lycéens, griffonnées,    débordantes de vie, plus criantes qu'un long discours. Et toujours cette pudeur de ne pas s'appesantir sur ces malheurs, de rêver, sauf pour ceux qui refusent de se bercer d'illusions. Comme le résume l'échange entre une mère et sa fille.  La mère : - A quoi tu rêves? .  Sourire de  la jeune femme qui répond : - A rien.

 

 

 

 

 

 

" De tous les bars, de toutes les villes dans le monde, il fallait qu'elle entre dans le mien ! " Casablanca

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
T
<br /> Merci pour ce délicieux résumé du film, pour notre part nous avons revu, en famille, tous les films de Maurice Pialat, et je vous conseille sérieusement de les découvrir, notamment la « maison dans<br /> les bois », feuilleton réalisé pour la télé.<br /> Au fait, le Bernard dans passe ton Bac, c’est moi.<br /> Bernard<br /> <br /> <br />
Répondre