Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Je voulais intituler ce billet qui trop embrasse mal étreint mais le proverbe a déjà été utilisé pour qualifier le film de Guillaume Canet, Les petits mouchoirs. Alors pourquoi dans ce cas choisir l'adjectif sincère à la place ? D'abord parce que le réalisateur, comme il l'a dit lui-même, a mis un peu de lui dans chacun des personnages, qu'il s'essaie pour la première fois en solitaire au scénario d'un de ses longs métrages, et qu' enfin sa générosité n'est pas feinte, elle ne laisse pas indifférent et on peut ainsi mieux s'identifier aux personnages. Mais ça ne suffit pas à faire un bon film.
C'est le portrait d'une génération perdue nombriliste qui s'enlise dans les mensonges, d'une bande d'amis qui n'arrive plus à communiquer, et qui finit par exploser. Quinze jours de vacances passées au Cap Ferret comme chaque été, mais dans des circonstances très particulières cette fois-ci avec leur ami dans le coma, la culpabilité qui n'est pas loin. Virées en bateau, repas entre amis, une vie collégiale qui a pour cadre la maison de Max. Le personnage interprété par François Cluzet est un restaurateur fortuné au caractère très intransigeant, une sorte de patriarche au sein du groupe, et qui tout au long du film est au bord de la crise de nerfs. Tous les personnages révèlent rapidement leurs travers, qui a peur de s'engager, qui passe pour un gros beauf, qui obsessionnel amoureux veut récupérer son ex, qui perdu dans ses orientations sexuelles, qui soumis dans son couple... Il aurait peut-être fallu moins de personnages et surtout un traitement plus nuancé pour certains.
En effet, Antoine ( joué par Laurent Laffitte) l'accro aux sms qui embête tout son monde avec ses peines de coeur m'a rapidement agacé, idem pour Marie ( Marion Cotillard) dont le manque d'empathie est bien trop accentué. Quand au pauvre Benoît Magimel, il fait de son mieux dans un rôle caricatural. C'est Max ( bien incarné par François Cluzet), par son affrontement avec sa femme Valérie (géniale Valérie Bonneton), ses rapports conflictuels avec les autres, qui apporte l'essence comique au récit et entraîne malheureusement la surenchère à quelques reprises, notamment les quiproquos entre Max et Vincent. Les mêmes excès se retrouvent dans des scènes plus émouvantes qui auraient gagné à être plus subtiles. Il y a pourtant de belles trouvailles ( le retour express à Paris d'Antoine et Eric, l'épisode du supermarché avec Valérie, les pétages de plomb de Max, l'usage insolite des pots de riz....). Pour ramener tout ce beau monde dans le droit chemin, il y a quand même un pseudo coach sportif, rapidement énervant, et Jean-Louis, qui se présente comme le vieux sage.
Au rayon des satisfactions, la qualité de la B.O ( My Way par Nina Simone, Bowie, Ben Harper, Antony and the Johnsons...) et le jeu convaincant de la plupart des interprètes. Malgré tout, la faute à un sujet peut-être trop ambitieux,à un scénario trop dense, il manque une distance critique, de la profondeur. La dernière scène illustre parfaitement les forces et faiblesses de l'ensemble.