Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Par dundee
Un peu parano sur tout ce qui se rapporte à Facebook, j'étais réticent à l'idée d'aller voir The social network. David Fincher allait -il réussir à transposer sur grand écran la tumultueuse création du polémique réseau social,qui compte actuellement 500 millions de membres? La réponse est oui, bien que ce ne soit pas le chef-d'oeuvre que certains sites avaient laissé entrevoir, ce terme à force d'être employé à tort et à travers devient galvaudé. Le réalisateur ne se laisse pas étouffer par son sujet, il ne tombe pas dans la surenchère, à une ou deux exceptions près. Surtout, il signe un beau portrait de Mark Zuckerberg, beau car complexe et rempli de zones d 'ombres. A la sortie du film, il est toujours difficile de cerner le jeune homme qui a l'air ailleurs, à la logique déconcertante, comme le signalent ses paroles décousues débitées à une vitesse vertigineuse lors de la première scène, et auquel on a pourtant du mal à faire confiance. Evidemment dans cette histoire il existe une bonne part mythologique, l'exemple Google en est une parfaite illustration, et certains faits relatés sont sûrement exagérés. Toujours est-il que Zuckerberg, pour étayer des commentaires postés sur la Toile, a quelques similitudes avec le Citizen Kane d'Orson Welles : la solitude, le sentiment de revanche, la richesse, l'ascension expéditive.
Jesse Eisenbrug, très bon, fait du jeune milliardaire un nerd qui ne semble pas mesurer les conséquences de ses actes, et c'est cette candeur présumée qui le rend encore plus dangereux. De ce long-métrage, je retiens les scènes d'avant-procès qui sont très réussies, montrant les failles dans la défense du prodige de Harvard; où tout se réglera quand même par l'argent, les tensions entre les différents protagonistes, l'obsession du héros, la vacuité de son existence. Et aussi le basculement de notre monde vers cette sociabilité virtuelle suite au coup de génie d'un visionnaire. L'oeuvre de Fincher s'affirme comme un instantané de notre époque. C'est sa principale force. Pour décortiquer le système Facebook et ses effets-méfaits, un film et d'autres documentaires seront nécessaires, car là ce n'était pas vraiment le propos. Sauf à considérer que l'obscure naissance du projet (piratage du réseau de Harvard, manipulations et trahisons vis-à-vis de ses associés...) portait déjà en elle le manque de considération concernant toute question éthique.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog