Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Par dundee
Maiwenn allait-elle faire de ce faux documentaire sur les actrices un sommet de narcissisme? Se prendre le tapis dans une vision élitiste et prétentieuse du cinéma? Elle réussit à échapper à ces travers. Subtile et rusée, elle maintient un entre-deux tout au long du film, certains diront que le centrisme n'est pas tendance actuellement, et pourtant au cinéma ça fonctionne. Quand elle se glorifie trop, son compagnon, joué par Joey Starr la ramène à la réalité, et inversement. Ce film reste un film d'auteur mais son rythme et la galerie de portraits décalés ne le rendent pas pompeux. Mentions à Carole Rocher, la rage au coeur, qui cumule emploi de serveuse et cours de théâtre incompréhensibles à ses yeux et Karin Viard ( cette dernière essaye de montrer une image plus populaire qui sonne désespérément faux).
Cet effet de miroir est parfois saisissant, le cas de Muriel Robin qui s'engueule avec Jacques Weber lors d'une lecture au théâtre à propos de son image d'artiste populaire et du mépris dont lui témoignent les gens du métier, celui de Julie Depardieu, lunaire et paumée, avec l'impression qu'elle n'a pas eu besoin de forcer le trait . Maiwenn tape gentiment sur tout le monde, les névroses des actrices, le culte de l'apparence, l'attente désespérée d'un rôle, le rapport avec les réalisateurs, le star system, si Mélanie Doutey à la Une de Paris Match vous rappelle quelqu'un, c'est normal, la ressemblance n'est pas fortuite. Maiwenn aime les actrices et les contradictions qui les accompagnent. Elle fait également mouche grâce à la qualité des chansons interprétées par ses actrices. Peut-être les regarderez-vous différemment après ? Sauf si les clichés ont toujours la vie dure.
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog