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Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.

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Johnny s'en va-t-en guerre et l'Incompris en dvd

 

 

Deux films marquants que j'ai découverts récemment : Johnny s'en va-t-en guerre de Dalton Trumbo, en  1971, et l'Incompris de Luigi Comencini, en 1966.  Le premier, que le réalisateur a adapté de son roman publié dans les années 1930,  se situe durant la Première Guerre mondiale. Johnny jeune soldat américain, blessé par une mine, a perdu ses bras, ses jambes et toute une partie de son visage. De plus, il ne peut plus parler ni entendre ni sentir. Que lui reste-il alors coincé dans cet hôpital militaire où les médecins le prennent pour un légume, jugeant ses rares manifestations pour communiquer  comme de simples réflexes? Il lui reste ses souvenirs, c'est la grande force du film d'alterner  la vie d'avant avec la réalité de son enfermement : la dernière nuit avec sa petite amie (un peu longue quand même dans son traitement), la vie de soldat et son quotidien. En somme tout ce dont il est à présent privé. Alors il repense à toutes ces actions devenues banales car faites machinalement et qui pour lui prennent  un sens primordial dans ses rêves car il s'en sait à jamais dépourvu : nager, respirer, parler, écouter, marcher...  Tout ce qui participe à l'essence humaine est ainsi dévoilé. Mais surtout cette oeuvre fait l'éloge de l'âme en affirmant qu'en dépit d'une apparence végétative, le patient conserve sa part d'humanité, sa conscience, ce que les médecins de l'époque, par ignorance et préjugés, ne perçoivent pas. Désormais, sa quête sera de trouver une manière de communiquer avec son environnement, en particulier avec l'infirmière prévenante et compréhensive qui le soigne, de savourer les rayons de soleil qui entrent  la chambre comme un luxe, de jubiler intérieurement quand grâce à la jeune femme il réussit enfin à se repérer dans le temps, ou quand il parvient à  communiquer en morse.

 

 

Dalton Trumbo dénonce évidemment les conséquences de la guerre, ne pas oublier que" la grande guerre" a eu son lot  vertigineux de gueules cassées et d'amputations, montre le conservatisme et le retard de la médecine de l'époque dans le rapport du corps et de l'âme et les questions liées à la mort. A l'heure du débat toujours aussi brûlant sur l'euthanasie, ce long métrage reste plus que jamais d'actualité. Si les vingt premières minutes du récit semblent ampoulées, et qu'en plus un film presque exclusivement en voix off peut en déconcerter plus d'un, j'estime néanmoins qu'il convient de s'accrocher. Puisque tant de moments simples et émouvants prennent ensuite le pas sur ces réserves, faisant également réfléchir le spectateur  sur la condition humaine. Je suis persuadé que ce film mérite une seconde lecture car des éléments m'ont forcément échappé. Et après place au roman !

 

 

 

L'Incompris, de Luigi Comencini, adapté du roman éponyme de Florence Montgomery, est qualifié de mélodrame. Ce terme est réducteur  si on lui colle tous les travers dont ses détracteurs l'affublent, ce film italien mérite mieux que cette appellation à l'emporte-pièce. Rapidement pour planter le décor, la femme du consul britannique à Florence vient de décéder, ce dernier, avec l'aide du  personnel domestique, s'occupe de ses deux jeunes fils : Milo et Andréa. Le consul a mis l'aîné, Andréa, dans la confidence en lui demandant de ne rien divulguer à son cadet qu'il entend protéger. La vie doit continuer mais les enfants peinent évidemment à retrouver leurs marques, passant leurs nerfs sur des gouvernantes qu'ils prennent  un malin plaisir à voir démissionner, et se réfugiant dans les jeux propres à leur âge.

 

Le petit comprend de lui-même la mort de sa mère et arrive à s'abriter derrière son insouciance. En revanche, Andréa souffre de façon plus manifeste et recherche désespérément l'approbation et l'amour de son père. Qui hélas ne répond pas à ses demandes et  voit surtout en lui un comportement immature et dangereux . Les deux personnages s'éloignent peu à peu l'un de l'autre, les non-dits et l'incompréhension s'accentuent. L'arrivée d'un oncle au comportement souvent grossier et déplacé, mais avec aussi des éclairs de lucidité quand il comprend le mal-être de l'adolescent,  commencera peu à peu à ouvrir les yeux du père. Mais il faudra attendre l'épilogue pour que celui-ci réalise que le plus fragile de sa progéniture n'était pas celui qu'il tentait d'épargner.  Une étude psychologique d'une acuité remarquable sur l'enfance et l'adolescence, sur le deuil, sur la famille, avec des enfants qui jouent avec une grande justesse. Et aussi le recours au concerto n°23 pour piano de Mozart qui magnifie le propos,jusqu'à un final semblable à un tableau et qui joue ouvertement la carte du pathos. Ailleurs, ça deviendrait superflu et forcé, là non, si les larmes ne sont pas loin c'est que la sincérité des dernières scènes n'est pas feinte. Décrié à sa sortie, le film de Comencini, à l'instar du jeune Andréa , porte bien son titre. Pour qu'il ne le soit justement plus incompris, je vous invite à le(re) découvrir, et plus tard à le lire.

 

 

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