Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Je n'ai malheureusement pas pu tout voir de la filmographie de Christopher Nolan. Pourtant, Memento, Insomnia, Batman Begins et désormais Inception ne font que confirmer tout le bien que je pense du metteur en scène britannique. Bien sûr en dix ans l'Amérique est passée par là pour attirer le prodige, de plus gros budgets, moins de libertés artistiques? Peut-être mais il parvient néanmoins à imposer sa griffe dans des productions très calibrées en misant sur ses propres scénarios ou ceux de son frère. Et pour son dernier opus, il en est aussi l'un des producteurs. Toujours est-il que Nolan est un très grand. Pourrait-il s'adonner à un autre genre après le thriller, l'adaptation de comics et la SF en dernier lieu ? Il en a sûrement le potentiel, dans ses films en effet le drame n'est jamais loin, il y a de la profondeur derrière des intrigues renversantes et une mise en scène à chaque fois d'une grande force.
Dans Inception il joue encore avec nos nerfs, le spectateur se perd entre rêve et réalité dans ce labyrinthe gigantesque, surtout quand les rêves s'emboîtent jusqu'au troisième voire quatrième niveau. Aucun temps mort pendant près de 2h30 malgré quelques scènes au ralenti, références à Matrix, qui avec d'autres passeraient pour grotesques alors qu'ici elles sont cohérentes. On se fait balader, on s'accroche, on croit avoir compris le stratagème quand soudain... On sort de la salle avec de nombreuses interrogations et des interprétations bancales. Comme pour Mémento plusieurs séances s'imposent. Ce qui compte c'est le voyage pas la destination, ce faiseur d'histoires le sait pertinemment.
Avec des acteurs éblouissants, mentions à l'égard de la ravissante Ellen Page qui confirme le talent entrevu dans Juno, de Joseph Gordon-Levitt, qui crevait l'écran dans Mysterious Skin, et du couple DiCaprio-Cotillard que j'aimerais bien revoir réuni sur une plus longue durée.
Un seul reproche à adresser à ce maître de l'illusion : l'utilisation récurrente d'une chanson française qui ne date pas d'hier, à l'instar de la série Lost qui utilisait La mer de Trénet. J'adore Non, je ne regrette rien, immortalisée par Piaf, mais ça remonte à 1960 quand même.
Si j'admets que la culture française s'exporte moins bien actuellement et que les hommages au patrimoine font toujours plaisir, il n'en reste pas moins qu'à un moment donné d'autres trésors plus récents méritent d'être mis en avant, ou au moins de coexister avec des classiques, Internet en est un des vecteurs. Seule marque passéiste d'une oeuvre à la modernité réjouissante qui allie parfaitement effets spéciaux propres à une grosse production, rebondissements et psychologie des personnages.
p.s : Grâce au film, la toupie reviendra-t-elle à la mode ?
" Chanter, c'est lancer des balles/ Des ballons qu'on tape/ Pour que quelqu'un les attrape"
Alain Souchon, Chanter, C'est lancer des balles.