Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Une fois n'est pas coutume, j'ai envie de mettre les courts métrages à l'honneur. Hier soir, j'ai assisté aux nuits en or, neuf courts mondiaux récompensés nationalement. J'ai passé un très bon moment. .A la fin de la séance, il fallait classer les films par ordre de préférence. Les trois premiers de la programmation n'étaient pas les plus fameux surtout Please say something, dessin animé allemand dans une ville futuriste que j'ai trouvé trop complexe et assez long à cause de trop d'effets, le comble pour dix minutes de projection.
Mon quinté gagnant :
En tête, Café Paraiso, production mexicaine douce-amère sur deux immigrés mexicains travaillant dans un restaurant américain, ça pourrait virer à la complainte mais l'humour et la poésie prennent le dessus.
En deuxième position, le dessin animé espagnol La dama y la muerte, combat drolatique entre un chirurgien, qui tente désespérément de ramener une vieille dame à la vie alors qu'elle souhaite au contraire rejoindre son mari, et la Mort . De belles images, un vrai rythme, un ton incisif, une belle réussite.
En troisième position: le court canadien Next floor, hommage apparent à La grande bouffe de Ferreri. Là aussi, on assiste à une critique acerbe de la société de consommation, où onze convives se goinfrent jusqu'à l'orgie, comme s'ils redoutaient de ne plus avoir à manger. Autour, les serviteurs apportent les mets et rejoignent à chaque fois l'étage suivant quand les invités en viennent à faire écrouler le plancher. Mise en scène minimaliste, très peu de paroles, une ambiance pathétique à souhait avec un humour grinçant.
Pas loin du trio, vient C'est gratuit pour les filles, avec Laetitia en BP coiffure, qui,aidée de son amie trimant dans un snack, doit surmonter d'être la risée du CFA après la diffusion d'une vidéo compromettante sur Internet. Les deux jeunes actrices sont touchantes, si le début est hésitant l'histoire gagne peu à peu en profondeur.
Je conclus avec Logorama , production française mais en langue anglaise. Course poursuite, prise d'otage, déluge, le tout dans un décor submergé de logos et de personnages publicitaires. Comme flics, vous avez droit aux Bibendum, dans le rôle du méchant qui prend en otage des enfants, Ronald McDonald, je savais bien qu'il était louche. beaucoup de monde est là : Monsieur Propre, le Géant Vert, le gosse d'Haribo, vraie tête à claque pour le coup, les Pringles, et une kyrielle d'enseignes publicitaires (assez drôle le passage dans la voie lactée avec la marque Milky way par-dessus), allusions à Grease, au The Wall des Pink Floyd. Oui c'est vif, assez distrayant le jeu des références, et la critique de la société de consommation est manifeste avec une fin idéaliste. Le problème vient du fait qu'à trop appuyer et montrer ce que l'on tend à dénoncer, le risque de complaisance et d'atténuation de la charge devient flagrant. Trop d'effets tue l'effet. Ce qui contraste avec l'efficacité et la sobriété de Next floor.
Comme c'est étrange, bien que n'étant pas mon préféré, c'est celui auquel j'aurai consacré le plus de lignes.
" Le coup le plus rusé que le diable ait réussi, c'est de convaincre tout le monde qu'il n'existe pas. Et d'un coup... Il s'envole!" Usual Suspects