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Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.

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Chronique impeccable bien


Depuis début mai je travaille au marché, je passe sur les premières semaines laborieuses, les railleries de certains marchands à mon égard devant ma gaucherie. Le marché, je parle de celui d'Ars, celui du Bois Plage me laisse indifférent quant à son humeur, possède son  lot de querelles instestines, mais surtout, c'est un endroit qui braille, qui s'agite, le théâtre du système D, de la solidarité, de bons mots, l'antre d'une poignée de touristes qui pinaillent à tort et à travers.

Le marché, c'est le stand de vêtements tenu par Christine ( épaulé par son mari Didier le week-end), où j'aide au déballage-remballage, avec de très beaux modèles pas chers pour petits et grands. Le marché, c'est la hantise du mauvais temps, comment appelle-t-on l'accro à la météo que je suis devenu?, ciel dégagé rime avec un étal classique à l'air libre, ciel menaçant, pluies diluviennes et tempêtes signifie prise de tête pour installer les trois parasols, les gouttières, nouer le tout à qui mieux mieux.  Sans compter sur le rapport ingrat  entre la pénibilité de l' installation et les retombées pécuniaires, en somme une journée de merde, j'en ai eu droit à plusieurs depuis le début. Mais rien n'a valu celle de vendredi, qui m'a fait penser au tournage dantesque et pathétique du Don Quichotte de Terry Gilliam.  Bilan : trois averses intenses à faire se pâmer les agriculteurs excédés par la sécheresse, de sacrées rafales de vents( au point de s'agripper aux tiges métalliques comme des forçats pour que l'édifice de fortune ne s'envole pas, les touristes nous prêtant main forte). D'autres n'ont pas eu cette chance, des oeufs ont connu un vol plané, la boulangère a vu ses bacs renversés. Quant au fleuriste, il  a dû baisser au maximum son parapluie pour se mettre à l'abri et passer de longues minutes accroupi.

De notre côté, des vêtements détrempés, des cartons en totale déliquescence, cinq heures d'enfer humide,  avec cette perfide voix dans nos têtes qui nous flagelle : pourquoi s'être levé ce matin? Et cette colère contre TF1 qui n'a pas envisagé un tel scénario ainsi qu' à l'encontre de Météo France qui en a minimisé l'ampleur. Ce qui a agacé Didier, qui a ri jaune en clamant : aujourd'hui, on ne travaille que pour les employés, en l'occurrence moi. Dire que normalement entre le déballage et le remballage, au moins trois heures s'égrènent. Là tout s'est emmêlé, plus de repère spatio-temporel, remarque laconique du patron : il ne faut pas réfléchir. Alors nous nous sommes accrochés, avons résiste, skippers sur le pont. Après la première averse, le bon sens nous eût permis de décamper en vitesse. Par excès d'optimisme, bernés par d'insolentes éclaircies, nous avons bravé les éléments. Quelques minutes de répit et larguez l'artillerie lourde ! Place au remballage pendant la courte accalmie avant le troisième déluge. Là j'aurais volontiers massacré les touristes confondant de bêtise ( ah bon  vous rangez? pourquoi?, votre marchandise est trempée?, non sans blague).


Je vous rassure, le lendemain, en dépit d'une ondée, la recette a été très fructueuse. Didier et Christine ont retrouvé le sourire. J'ai eu droit aux expressions cultes de mon chef : impeccable !, et sa variante , impeccable bien! Et lors de l'interminable remballage, record battu : fin du marathon à 15h30, début  de la séance à 8h20 ( qui dit succès dit forcément des cartons sens dessus dessous obligeant à un repliage rébarbatif dans les règles de l'art) a résonné  son fameux c'est un truc de malade.


Envers et contre tout, jusqu'à la fin août, quatre jours par semaine, peu importe nos humeurs et le temps, the show must go on à l'Ïle de Ré.


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