Enfin ! La quatrième finale à Roland aura été la bonne pour Roger Federer. Une victoire en trois sets( 6-1;7-6; 6-4) contre un Robin Soderling qui n'aura jamais su répondre à la maîtrise suisse, à l'exception du deuxième set . Mais là encore, Federer a réalisé un jeu décisif d'anthologie, conclu par quatre aces pour autant de mises en jeu. Pour le suspense et l'intensité, il faudra espérer une plus belle rencontre l'an prochain. Heureusement, l'émotion était présente sur le court après la balle de match victorieuse, le meilleur joueur de l'Histoire embrassant la terre battue, pleurant sur le podium, remerciant le public, sa famille et les légendes de son sport, notamment Agassi venu lui remettre le trophée.
Avec son quatorzième Grand Chelem, il égale le record de Pete Sampras et rejoint dans la légende la courte liste des vainqueurs sur toutes les surfaces des tournois majeurs. Lors de son discours, le soulagement était perceptible, la pression envolée. Ce sacre est encore plus beau car Federer a répondu présent au rendez-vous. Vainqueur désigné après les éliminations surprises de Nadal et de Djokovic, il s'est accroché, a failli chuter contre Haas en huitièmes et Del Potro en demi. Pour un joueur jugé sur le déclin depuis plus d'un an, c'est formidable. Certes, il gagnait moins de tournois, se concentrant sur les majeurs, Nadal s'adjugeant les lauriers, mais il ne s'inclinait que contre ce dernier en Grand Chelem, et il ne faut pas l'oublier, depuis quatre ans, il atteignait au minimum le dernier carré. Tant qu'il accomplira de telles performances, le terme de déclin passera pour excessif. Et maintenant? Un quinzième Chelem dès Wimbledon et ainsi se rapprocher des sept succès de Sampras sur gazon ? Une victoire en Coupe Davis? Une médaille d'or en simple aux Jeux olympiques de Londres? Peut-être tous ces défis à la fois. Relâché, Federer se montrera encore plus redoutable. Nadal et consorts sont prévenus: " Papy" fera de la résistance pendant encore au moins trois années.