L'espace d'un instant, lors du second but lyonnais, quelques idéalistes croient à l'impossible. Mais Barcelone a déjà marqué à quatre reprises. Pourtant la défense amoindrie et fébrile des Blaugranas laisse entrevoir l'espoir. Pourquoi le bloc rhodanien n'est pas plus discipliné?Pourquoi Makoun passe à travers son match et son approximation attise le réalisme de Henry? Pourquoi Juninho pète une nouvelle fois les plombs ?, comme souvent dans les matchs décisifs. Pourquoi Grosso se cantonne à cisailler l'adversaire? Pourquoi Benzema manque-t-il les rares opportunités devant le but et surtout ne se libère-t-il pas des affres du hors-jeu?
Oublions les pourquoi, l'explication se trouve en face. Là où il y a des danseurs, la grâce, la meilleure paire de milieux de terrain au monde avec Xavi-Iniesta, le génie de Messi, la vitesse d'Alvès, la puissance d'Eto'o. 5-2, aucun regret à avoir tant le fossé est abyssal entre les deux équipes. Reste à se replonger dans le championnat de France, à rêver d'un huitième titre, et croire aux vaines promesses de sacre européen de Aulas.
On pourra toujours dire que l'argent fait encore une fois la différence. Certes, mais il y a aussi une vraie culture du jeu chez les Espagnols, un sens du collectif retrouvé, une occupation du terrain, qui font défaut chez les Gones. Reste maintenant à conclure par une finale Manchester- Barcelone ( si la formation de Guardiola retrouve une défense un peu moins friable). Ce soir, c'est la victoire du beau football. Et pour changer enfin de dimension, Benzema a de nouveau vu le long chemin à parcourir, ses lubies de grandeur ne se concrétiseront qu'à l'étranger.