Avec ce blog, je souhaite partager mes coups de cœur (cinéma, littérature, musique...) et mes textes (poèmes, paroles de chansons, chroniques...) Au plaisir d'échanger avec vous.
Exercices lors de l'atelier d'écriture à la bibliothèque mardi 11 juin 2024
Exercice 2 : Créer votre association déjantée, avec votre procession de foi
Amis du bleu, rejoignez notre association Le bleu c'est la vie, pour ne plus jamais broyer du noir. Camarades, il est temps de changer d'état d'esprit, de renverser vos schémas, de bousculer vos certitudes. Ouvrez la cage aux oiseaux, participez à nos réunions, à nos évènements, faites entrer le bleu dans votre quotidien. Osez le bleu, devenez un cordon bleu, ne vous faites plus jamais prendre pour un bleu, soyez en bleu de la tête aux pieds. Offrez un sourire même aux plus grincheux. Chassez le pessimisme ambiant, laissez-vous bercer par le chant des vagues, partez cet été en voyage avec nous pour plonger dans la grande bleue. Apprenez peu à peu à recouvrir vos bleus à l'âme. Rejoignez-nous si vous partagez notre credo ! Si comme nous vous pensez que le bleu c'est la vie. Foi de grands schtroumpfs.
Exercice 3
3 enveloppes (prendre 1 mot par enveloppe : un objet, un métier, un lieu)
Je devais écrire une histoire avec les mots suivants : échelle de corde, secoueur de cocotier, souterrain.
Toute ma vie, j'ai eu la fougue d'un aventurier, addict au dépassement de soi, aux exploits les plus extrêmes. Un échelle de corde était toujours glissée dans mes bagages, aucun sommet ne me résistait. J'étais aussi à mon aise dans les lieux sombres, dans le moindre souterrain : catacombes, égouts, quel décor pour des bouffées d'adrénaline, pour des soupçons de mystère !, quel kif de faire la nique à la mort, d'avoir des rats pour compagnie ! J'ai toujours eu besoin de sensations fortes, se dépenser, se bouger plutôt que de se poser pour réfléchir. Comme j'ai toujours la bougeotte, j'ai trouvé une nouvelle corde à mon arc, une nouvelle ambiance, une nouvelle profession. Quand vous siroterez votre jus de fruits préféré étendus à lézarder sur votre serviette ou vautrés dans votre transat, vous penserez à moi, le roi des escaladeurs, qui à défaut de décrocher la lune vous secoue le cocotier. Eh oui, c'est mon nouveau métier : secoueur de cocotier.Ça en jette hein ? Tant qu'on s'en prend pas une sur la tête évidemment. Et si jamais vous avez une fringale, un gâteau à la noix de coco ça vaut aussi le détour . A votre santé !
Exercice 4
Souvenirs de vacances ( deux images au choix : galets ou chaise au bord de la mer)
Un siège, une chaise, un mobilier hors du temps avec vue sur la mer. Cela résonne comme une chanson de Michel Jonasz. Cela renvoie à l'enfance, à l'adolescence, les souvenirs de vacances auprès des grands-parents, la maison de l'Ile-de-Ré, les journées à la plage. S'asseoir, s'allonger, peu importe, ce qui compte c'est l'attention du regard qui ne fait plus qu'un avec la mer, c'est se laisser enivrer par l'horizon, retrouver quiétude et joie dans une atmosphère rassurante et mélodieuse. C'est s'oublier, c'est cesser de se raconter des histoires. C'est prendre enfin son temps, s'autoriser à être, ne plus chercher à plaire à tout prix. C'est la fin de la comédie, c'est la fin de la tragédie. C'est la parenthèse enchantée, c'est le partage en famille, entre amis. C'est ne plus faire qu'un avec son environnement, avec tous les éléments. C'est juste regarder la mer, se taire et se montrer reconnaissant, empli de gratitude devant les charmes de la Terre. C'est se créer de sublimes souvenirs pour se réchauffer et se rasséréner quand le crachin du chagrin pointera son mauvais esprit à l'improviste.
Exercice 5 Le scriptoclip
Ecrire un texte à partir d'une première phrase choisie par l'un des participants et d'un mot proposé par chacun (la liste de mots : couvent, peuple, euros, cocktail, chewing-gum, avant, râler, réveil).
Claire a tout de suite su que ça ne marcherait pas entre eux. L'instinct, le sixième sens, la lucidité, qu'importe, ils ne vieilliraient pas ensemble, c'était une certitude pour la jeune femme. Au diable sa mère qui n'aurait de cesse de lui dire qu'elle finirait seule comme une bonne sœur dans un couvent. Qu'est-ce qu'elle pouvait l'exaspérer avec ses remarques d'un autre temps !, comme si sa vérité était commune à tout un peuple. Certes, elle souhaitait rencontrer quelqu'un mais pas à n'importe quel prix ! Et surtout pas avec ce Maxence, alias moi je, avec des oursins plein les poches ! Elle était libre et non désespérée. Elle se demandait toutefois lors de quelques soirs de spleen si tomber sur la perle rare ne revenait pas à décrocher la timbale en glanant les millions d'euros du loto : à savoir improbable. Ses amies voulaient qu'elle fasse des efforts, qu'elle soit plus sociable, qu'elle se montre aux cocktails. Plutôt que de fantasmer derrière son écran en faisant connaissance sur des sites de rencontres. Merde ! Qu'on lui fiche la paix ! Cette obsession de chercher à la caser c'était comme un chewing-gum collé à la chaussure, le sparadrap du capitaine Haddock. Elle avait lu Fabrice Midal, il y avait eu un avant et un après après la lecture de Et si de l'amour on ne savait rien ? Elle comprenait désormais que l'amour ne se composait pas d'une unique dimension. Il était partout : dans la nature, dans l'art, dans l'amitié et pas seulement dans les relations sentimentales. Il fallait surtout se sentir mieux dans la vie, être plus dans l'attention, prendre davantage son temps. Ne pas confondre amour et attachement. Sa mère pouvait continuer à râler, ça lui passait au-dessus de la tête . Elle n'avait pas à vivre pour sa mère, elle continuerait à faire des rencontres, elle accueillerait la joie quand elle se présenterait. Elle ne portait pas le poids du monde sur ses épaules. Auparavant, la légèreté était une langue étrangère pour elle, la peur d'être jugée en permanence. Depuis quelques semaines, c'était l'heure du réveil, de l'acceptation. Elle faisait face aux évènements, la tristesse revenait parfois mais elle n'en était plus prisonnière.
C'est sûr pas de regrets en quittant ce Maxence en le laissant choqué sur le trottoir, groggy tel un boxeur titubant sur le ring. Pas de vaines et hypocrites promesses, elle devait continuer à avancer, et de toute façon elle n'était pas seule . Elle faisait partie du monde et le monde faisait partie d'elle. Elle contemplait la lune et souriante rentra chez elle en ignorant les appels de sa mère, qui sûrement ne dormirait pas sur ses deux oreilles. Et à cette pensée elle se mit à rire à gorge déployée, un rire libérateur au cœur de la nuit.
Nicolas