Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 11:08

 

 

 The Artist  est un bon film, remarquable non, intéressant oui .  Intéressant car il apparaît tellement anachronique. Un film intégralement muet (à quelques scènes près) à l'ère du 3D, de la motion capture, il faut se pincer pour le croire. Chapeau à Michel Hazanavicius et à son producteur Thomas Langmann, et bien entendu aux acteurs ( principalement Dujardin et Béjo qui confirment tout le bien que je pense d'eux), sans oublier le chien qui est incroyable, pour s'être lancés dans une pareille aventure. Evidemment, les bonnes intentions ne garantissent pas la qualité de l'entreprise.  Heureusement, le metteur en scène maîtrise son sujet, la romance, qui revisite Une étoile est née, est subtile, tout en retenue, avec des preuves d'amour de la part de la jeune Peppy envers George Valentin, star  puis vedette déchue à l'arrivée du parlant. Hollywood, 1927-1933 : descente aux enfers et tentatives de reconquêtes.

 

 

Ce film est surtout intéressant par le regard qu'il pose sur le cinéma, sur la célébrité. Ce côté nostalgique, ce retour aux sources est séduisant. Franchement, ça sera peut-être l'unique expérience, se retrouver dans une grande salle devant un film muet contemporain seulement accompagné par la musique, c'est déjà agréable et insolite. Surtout que l'on ne s'ennuie pas. Alors revenir à la fin de l'époque du muet, et de la révolution du parlant, c'est notamment le prétexte pour s'interroger sur l'existence du 7eme art. Cette petite madeleine signifie : et maintenant où va-t-on?  Entre hommage et innovation, comment se renouveler ?

 

Outre Une étoile est née,  j'ai entrevu des allusions au couple Fred Astaire-Ginger Rogers ( la première chorégraphie, les deux personnages séparés par un écran, est lumineuse), à Boulevard du Crépuscule (et le rôle tenu par Gloria Swanson) ... En ce qui concerne la célébrité et son caractère volatil (de l'arrogance du jeune premier  à l'anonymat détestable), les représentations sont saisissantes. Une est à retenir tant elle est frappante :  l'image à l'effigie de George Vantin piétinée par les pas de la foule indifférente. Elle illustre le destin de nombreuses carrières brisées à cette période (  à l'instar de celle de Buster Keaton ).

 

 

Plus de 400 000  spectateurs en première semaine, le succès est au rendez-vous pour un projet si particulier. Atteindre le million d'entrées est plus qu'envisageable. Les Oscars, après le festival de Cannes, pourraient accentuer le phénomène en dehors de nos frontières. De-là à ce qu'Hollywood exploite ensuite le filon ? On ne sait jamais mais j'en doute. De toute manière, mieux vaut une démarche isolée, sincère et personnelle, que des projets opportunistes. Si The Artist ne doit avoir qu'un mérite, c'est celui de  rappeler que le cinéma  puise ses origines dans le muet. C'est au coeur de ce patrimoine que s'inscrivent (doivent s'inscrire) toutes les évolutions. Entre hommages et transgressions, sans oublier l'essentiel : le plaisir du jeu, l'émotion universelle.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by dundee
commenter cet article

commentaires