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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 20:51

 

Avant de le commander pour le CDI, je me suis acheté Nos étoiles contraires (pas encore vu l'adaptation cinématographique)  Après l'avoir lu en quelques jours, que dire des aventures d'Hazel et Augustus?

D'abord  que le mélange histoire d'amour adolescente et cancer fait peur sur la papier, peur de tomber dans un mélo caricatural. John Green a su dépasser cet écueil. Son récit n'est pas plombant, la tension est crescendo, heureusement car pour moi jouer sur la corde sensible tout au long du roman m'aurait rebuté, il faut préparer le lecteur, l'inviter à s'attacher et ensuite lui tirer quelques larmes, tout en transmettant une leçon de vie, un message d'espoir. J'ai quand même mis plus d'une centaine de pages à entrer pleinement dans le récit, il faut un peu s'accrocher le temps que l'atmosphère et les protagonistes  émergent suffisamment.

 

J'ai aimé ce livre mais je n'irai pas jusqu'à dire que je l'ai adoré. Il a  su trouver son public et je comprends pourquoi, les adolescents sont bien dépeints, révélant une maturité et une profondeur bienvenues chez nos deux amoureux originaires de l'Indiana. Si je ne goûte pas trop le côté philosophie de bazar décliné à quelques reprises par Augustus, ainsi que pas mal de phrases assez plates, j'apprécie en revanche l'humour qui surgit régulièrement, par exemple à travers la figure de Patrick, animateur du groupe de soutien de jeunes survivants du cancer, ou celle pathétique de l'écrivain Peter Van Houten, ou bien illustré par les métaphores de Augustus avec sa cigarette qui donnent des dialogues savoureux :

 

p.156 " - Monsieur, il est interdit de fumer dans cet avion. Comme dans tous les autres d'ailleurs.

             -  Je ne fume pas, a-t-il expliqué avec la cigarette qui gigotait au coin de ses lèvres.

             - Mais....

              - C'est une métaphore, ai-je précisé. Il met le truc qui tue dans sa bouche, mais il lui refuse le pouvoir de le tuer.

L'hôtesse en est restée sans voix.

               - Cette métaphore est interdite pendant le vol, a-t-elle déclaré un instant plus tard."

 

 

Ce qui est aussi intéressant dans le roman, c'est la place consacrée à la littérature,  notamment avec l'oeuvre fétiche de Hazel Une impériale affliction, du fameux Van Houten. Les deux arcs de l'intrigue finiront par se réunir au cours d'un séjour à Amsterdam riche en évènements. La maladie n'est pas cachée mais elle n'étouffe pas le caractère des personnages, qui, comme n'importe quel adolescent, s'amusent aux jeux vidéos violents,  se délectent d'émissions de téléréalité. Bien sûr le quotidien est une notion toute relative pour eux, la rechute s'apparentant à une épée de Damoclès au-dessus de la tête, les familles se montrant assez souvent dépassées par la situation. Les personnages connaissent la solitude, ne peuvent compter que sur leurs parents et de rares amis, et grandissent  sous le joug de toutes ces épreuves.  Comme l'énonce Van Houten " le chagrin ne vous change pas, Hazel, il vous révèle."p.301.

 

 

Il faudrait je pense une écriture encore plus forte et plus fine pour toucher au sublime, j'espérais peut être que les sommets seraient atteints, comme au cinéma  j'avais pu le ressentir avec l'Incompris de Luigi Comencini, qui s'était affirmée au final comme une véritable bombe à retardements émotionnelle et lacrymale, permise par un traitement psychologique auparavant sans pathos et minimaliste.  Il est évident  que les larmes peuvent couler à la lecture de  Nos étoiles contraires mais ce sont les contrastes, les respirations, qui donnent ses lettres de noblesse à ces pleurs, l'oeuvre de John Green se perd hélas parfois dans des digressions et dans des formules toutes faites pour atteindre cette quête. Si j'émets des réserves, il n'en demeure pas moins que ce livre devrait séduire les collégiens et qu'il me donne envie de lire une fiction de l'écrivain présente au CDI : Qui es-tu Alaska?

 

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Published by dundee
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