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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 09:55

 

 

Ces derniers mois j'ai eu la chance de lire plusieurs romans. Je vais résumer rapidement ceux qui m'ont marqué en deux billets. Je commence avec  L'homme inquiet, de Henning Mankell.  J'avais découvert l'inspecteur Wallander avec  La cinquième femme, que j'avais apprécié. Pour ses adieux, nous avons droit à une affaire d'espionnage passionnante qui offre un retour en pleine guerre froide. L'enquête est méticuleuse, réaliste, ce qui suffirait à combler beaucoup de lecteurs. Mais avec l'écrivain suédois, nous atteignons une autre dimension, le regard sur l'évolution de la société, sur la vie des policiers est d 'une puissance remarquable. Quant à son portrait plein d'humanité et de complexité de son inspecteur, sexagénaire qui commence à perdre pied et lutte dans son dernier combat, sa dernière affaire, je n'en ai jamais lu d'aussi émouvant et digne, à l'image des dernières phrases pudiques du récit. Un régal !

 

 

 L' ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon m'avait transporté. Cette fois, avec Marina, la déception est de rigueur. Moins séduit par l'univers gothique présenté, par cette variante de Frankenstein un peu maladroite et confuse, j'ai tout simplement moins rêvé, accroché. Il reste heureusement la belle et poignante amitié amoureuse entre les deux adolescents Oscar et Marina qui donne de la densité à l'intrigue. Ecrit avant  l'ombre du vent, ce roman est finalement à voir comme les prémices du style du romancier espagnol qui arrivera  quelques années plus tard à maturité.

 

 

 

Le garçon au pyjama rayé, de l'écrivain irlandais John Boyne, offre un autre regard sur un sujet à première vue éculé : les camps de concentration. L'amitié entre deux enfants : Bruno, dont le père est officier nazi, et Shmuel prisonnier du camp, est parfaitement décrite. En ayant recours au point de vue de Bruno en guise de narrateur, le romancier offre d'abord une vision naïve au premier degré. L'enfant  ne comprend pas ce déménagement soudain et ne l'accepte pas  dans un premier temps. Par ailleurs il ne sait  rien de  la profession de son père, à savoir directeur de ce camp de concentration. Il n'arrive pas à saisir la symbolique de la clôture entre son monde et celui du camp, il fait aussi parfois preuve de maladresse dans es actes et ses paroles à l'égard de son ami. Et si ses actions sont généreuses elles se heurtent au monde des adultes et à la réalité sordide et inhumaine qu'il ignore, contrairement aux autres membres de sa famille et à  Shmuel. C'est ce décalage, entre l'inoffensif et le jeu d'un côté, et la souffrance manifeste et les mensonges de l'autre qui font de cette oeuvre une tragédie, dont la fin cruelle et absurde en est le paroxysme. Je serai curieux de voir si le cinéma a su ne pas dénaturer cette dimension.

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Published by dundee
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