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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 12:52

 

 

Premier volet d'une série de billets consacrés à des réalisateurs qui m'ont particulièrement marqué. Je commence par Howard Hawks et Alfred Hitchcock, ce qui ne nous rajeunit pas mais leur influence est pourtant encore  tellement prégnante.

 

Howard Hawks n'est pas un adepte des grands mouvements de caméra, il préfère se faire discret et privilégier l'histoire, le rythme et les dialogues. Si son cinéma se veut classique, le jeu des acteurs lui ne l'est absolument pas, pour preuve La Dame du vendredi où les dialogues fusent et se chevauchent  à une vitesse sidérante ou l'Impossible Monsieur Bébé aux mouvements endiablés des protagonistes (incroyable duo Katharine Hepburn-Cary Grant). Pour ce dernier long-métrage, plusieurs lectures s'imposent  pour adhérer pleinement à cet univers complètement fou et capter toutes les subtilités et les sous-entendus.Voilà pour le registre comédie (il m'en reste évidement d'autres à voir comme par exemple Allez coucher ailleurs avec encore Cary Grant).

Passons au western, au policier, à l'aventure avec des classiques comme La Rivière rouge (un des fleurons du western avec un John Wayne au sommet), Rio Bravo (multidiffusé et toujours aussi efficace, John Carpenter s'en est d'ailleurs inspiré pour réaliser le très bon Assaut sur le Central 13), Scarface, et Seuls des anges ont des ailes (méconnu du grand public et pourtant d'une puissance remarquable). Le cinéaste américain est parmi ceux qui filment le mieux l'amitié masculine, le courage, le sens du devoir, l'entraide. Bien sûr dans sa filmographie, il y a parfois des ratés (cf ci-dessous) à cause de scénarios plus poussifs et d'un sens comique qui tourne une fois n'est pas coutume à vide, mais rien qui puisse remettre en cause le talent du créateur de Scarface.

 

 

Films préférés1- La Rivière rouge, 2- Seuls les anges ont des ailes, 3- L'Impossible Monsieur Bébé, 4- Rio Bravo

 

 

Films  décevants : Chérie je me sens rajeunir,  Les hommes préfèrent les blondes.

 

 

 

Alfred Hitchcock : s'il ne doit en rester qu'un ce sera celui-là. En effet,tant de metteurs en scène ont vu en lui leur père spirituel, ont tenté vainement de lui rendre hommage ou de s'en démarquer   ( M. Night Shyamalan, De Palma, Gus Van Sant...). Critiqué par ses contemporains qui lui reprochaient de faire dans le commercial, de se répéter (le cinéaste britannique a hissé  l'autoplagiat en art). Et si de nombreux thèmes reviennent tout au long de sa carrière (le faux coupable, la quête de la vérité, l'amour tortueux, le bien et le mal...), il a toujours su se renouveler. Plus de trente ans après sa mort, son oeuvre n'a rien perdu de sa superbe.

 

Si la dernière décennie fut moins fructueuse, après quarante ans de carrière ça paraît quelque peu compréhensible, il a réussi le tour de force de donner ses lettres de noblesse au suspens, jusqu'ici un peu méprisé, aussi bien dans ses longs-métrages anglais que américains (qui peut se targuer d'avoir traversé l'Atlantique sans renier son style et perdre de son talent). Hitchcock, derrière l'image populaire cachait une vraie patte d'auteur.

 

Son style est en effet inimitable, il a inventé des techniques hallucinantes ( comme dans Sueurs Froides, La Corde, l'Inconnu du Nord-Express, Psychose...), a fait le remake de son propre film (Cecil B. DeMille et Léo McCarey l'ont aussi fait) : L'Homme qui en savait tropIl m'est arrivé de décrocher quand le maître s'est essayé à la comédie avec Mais qui a tué Harry ? (alors qu'au contraire les effets plus légers sont bien orchestrés quand ils s'insèrent dans un registre laissant la part belle à l'action)s'éloigne radicalement de son univers ( la Taverne de la Jamaïque, La loi du silence,  La Main au collet, malgré un duo glamour pour ce dernier...)  ou en me plongeant dans quelques films un peu datés de sa période anglaise. Au final, malgré quelques ratés, son legs au cinéma est colossal.

 

 La seule question qu'il convient de se poser est la suivante :  était-il vraiment prisonnier de son univers? Non pas forcément quand on voit les résultats de l'excellent  L'Ombre d'un doute dans une veine intimiste inédite et pleine d'acuité et la force du propos de Fenêtre sur cour  à la dimension psychologique inégalée dans  l'oeuvre de Hitchcock.

 

 

 

Films préférés : 1- Fenêtre sur cour, 2- Les Enchaînés, 3- L'Ombre d'un doute, 4- Psychose

 

Films décevantsNuméro 17, La Taverne de la Jamaïque, La loi du silence

 

 

 

En juin, deuxième volet Stephen Frears et Pedro Almodovar, troisième volet les frères Coen et Tim Burton, quatrième volet François Truffaut, les frères Dardenne et Jacques Audiard.

 

A suivre.

 

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Published by dundee
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