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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 08:21

 

 

 Si associer Stephen Frears et Pedro Almodovar dans un même billet peut sembler incongru, les deux réalisateurs se rejoignent de par leur longévité et la constante qualité de leur oeuvres.

 

 

Stephen Frears

 

Cette mise en scène d'apparence classique au service de l'histoire et des personnages, ce regard aiguisé sur le pouvoir, sur les problèmes sociétaux, autant de critères qui font que le cinéaste britannique m'a rarement déçu. Il ya peu de temps j'ai eu la chance de voir son premier  film Gumshoe, superbe hommage aux films noirs, où un homme en quête d'une vie plus débridée s'improvise détective privé à ses risques et périls. Dialogues qui claquent, ironie mordante, interprétations dynamiques, rythme d'enfer, tout était déjà là chez le metteur en scène.

 

Des dix films vus, je mets en avant The Queen,  une profonde et subtile étude sur la solitude et les arcanes du pouvoir avec Helen Mirren au sommet, Les Liaisons dangereuses oeuvre passionnante de bout en bout sur encore une fois le pouvoir et sa solitude,  l'amour et sa conquête, l'amour et l'incapacité à exprimer ses sentiments (alors que malheureusement je n'arrive pas aller au bout du livre) avec Glenn Close dans l'un des rôles de sa vie. J'aime aussi beaucoup My beautiful Laundrette : la relation amoureuse compliquée entre un jeune pakistanais et un jeune skin anglais interprété par Daniel-Day Lewis ( avec le poids des traditions et des préjugés). Dans cette veine sociale, le réalisateur excelle, comme le confirme son opus The Van, voire à un degré moindre Tamara Drewe. Il s'essaye aussi avec succès au registre cynique, noir avec Les Arnaqueurs, à la comédie dramatique avec High Fidelity.

 

Parmi les relatives déceptions, je citerai, avec le recul, Héros malgré lui avec Dustin Hoffman, au demeurant sympathique mais qui cède un peu facilement aux codes hollywoodiens des bons sentiments, et Mary Reilly avec Julia Roberts (dont la qualité d' interprétation avait à l'époque divisé), version du Docteur Jeckyll et Mr Hyde à l'atmosphère mystérieuse bien rendue mais qui pêche par moment dans le n'importe quoi avec les effets spéciaux et des émotions parfois surjouées.

 

 

Films préférés : 1- The Queen 2- Les Liaisons dangereuses 3- My Beautiful laundrette

 

 

Films (un peu) décevants : 1- Mary Reilly 2- Héros malgré lui

 

 

Pedro Almodovar

 

Douze films que j'ai eu la chance de voir, douze expériences, douze moments qui ne laissent pas indifférents. Pas encore regardé son dernier, La piel que habito. Chez le cinéaste espagnol, les personnes jusqu'ici à la marge de la société ibérique ont enfin le droit d'exister. Avec la movida, tous les codes artistiques explosent, place à la transgression pour se libérer du carcan franquiste. J'ai ainsi découvert il y a quelques mois sa première oeuvre, Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier. Franchement c'est un bordel sans nom, cinématographiquement c'est loin d'être abouti, mais quel plaisir d'y percevoir les prémices de son style, de ses obsessions, d'évaluer le chemin parcouru depuis. La quête identitaire, la famille, l'homosexualité, l'amour, le désir, la passion (destructrice ou non), la jalousie, la liberté, l'hommage à l'art (et au cinéma en particulier) habitent ses créations.  Je peux aussi évoquer le choix judicieux des acteurs ( Pénélope Cruz, Antonio Banderas, Carmen Maura n'ont jamais été aussi grands que devant sa caméra), la qualité de la musique et des dialogues, sa poésie foutraque, sa mélancolie...  

 

Mon préféré est  Parle avec elle, qui a tout de prime abord du mauvais mélo, une femme dans le coma, un amour impossible qui frôle le malsain, et le metteur en scène qui réussit le miracle de tout sublimer avec tact et poésie (incroyable le film muet qui y est  réalisé) au gré d'une bande-son merveilleuse. Vient ensuite En chair et en os, avec Jarvier Bardem  en joueur de basket handicapé, où l'amour, la trahison, la vengeance atteignent leur paroxysme, quand thriller et psychologie font un très bon mariage. Je mets aussi en avant Etreintes brisées, éclatante déclaration d'amour au septième art, tragédie amoureuse, profonde réflexion sur les affres de la création. Je conclus avec Talons Aiguilles, pour cette relation mère-fille conflictuelle maîtrisée et émouvante  avec ces moments de folie propres à l'unvers d'Amoldovar, sans oublier la  magistrale reprise Piensa en mi de Luz Cazal.

 

 

Du côté des déceptions, je propose Dans les ténèbres et La Mauvaise éducation. Pour le premier, l'excès sans aucun fond ça finit par tomber dans l'anecdotique et l'ennui. Pour le second, très ambitieux, à partir d'un sujet délicat ( l'enfance brisée par un prêtre pédophile et ses conséquences une fois adulte), il part dans tous les sens et manque de distance critique, il a hélas pour lui également le tort d'être le long-métrage qui suit Parle avec elle, d'où une déception à la hauteur de l'attente et de l'exigence placées en lui.

 


 

Films préférés  1- Parle avec elle  2-  En chair et en os 3- Etreintes brisées 4- Talons aiguilles

 

 

 

Films décevants 1- Dans les ténèbres 2- La Mauvaise éducation

 

 

 

 



 

 

 

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Published by dundee
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