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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 18:54

 

 

Les films vus en salle

 

 

Commençons par mon grand coup de coeur qui est    40 ans : mode d'emploi, de Judd Apatow. Ce qui me rassure avec ce dernier c'est qu'il ne fait que progresser dans les films qu'il réalise. Après un premier long métrage que je trouve raté, il s'améliore avec En cloque mode d'emploi, gagne en profondeur avec Funny people et se hisse au sommet (pas du box-office hélas) avec cette oeuvre sur la crise de la quarantaine, mais pas seulement. Bien sûr, le langage sait être cru, marque de fabrique du créateur Apatow oblige, quelques scènes un peu "trash" insistant sur le manque d'intimité au sein d'un couple après tant d'années de vie commune. Bref, Pete et Debbie, déjà en place dans En cloque mode d'emploi, doivent jongler entre crise personnelle,crise familiale (l'aînée étant en pleine rébellion et développant une véritable addiction à la série Lost, le père de Pete sur le dos auquel son fils verse de l'argent mensuellement à l'insu de Debbie, le père de Debbie qui arrive depuis peu dans sa vie, un bébé à venir...), crise professionnelle (le label de musique de Pete manque de mettre la clé sous la porte). Tout peut exploser n'importe quand mais tant bien que mal la famille fait face malgré les mensonges, les rancoeurs, les doutes. Jamais le réalisateur n'avait autant parlé de lui, si Paul Rudd joue probablement son rôle, il continue à faire jouer sa femme (l'impeccable Leslie Mann) et  ses deux filles dans leurs propres rôles en somme. Cela rend l'ensemble sincère et criant de vérité, avec la pointe d'acidité, de vulgarité qui sonne plus volontiers comme une marque de pudeur pour garder un peu de distance et ne pas tomber le sentimentalisme ou le pathos. L'équilibre entre humour et drame est trouvé. Des scènes me semblent déjà cultes comme notamment l'engueulade entre les parents d'élèves qui atteint des sommets dans le pétage de plomb (formidable performance de Mélissa McCarthy, ne pas manquer la scène coupée dans le bureau qui va encore plus loin), l'obsession de Sadie pour Lost qui vaut son lot de crises de nerfs (je comprends, pas à ce paroxysme quand même, à l'époque je voulais tant connaître le dénouement après avoir élaboré une multitude de théories), les apparitions remarquées de Jason Segel. Sans oublier les interprétations réussies de Albert Brooks et John Lithgow. Un pur plaisir qui dure pendant plus de deux heures.

 

 

Hitchcock,  je suis allé voir ce biopic à reculons ( je commence à en avoir assez de ce genre cinématographique, après Ray, le filon a été exploité sans vergogne et sans talent la plupart du temps) et mes craintes se justifiaient. Helen Mirren a beau faire une nouvelle fois une grande composition, elle ne suffit pas à sauver le film, la faute à un scénario médiocre et à un portrait caricatural du réalisateur britannique. Je ne dis pas qu'il fallait occulter ses travers : son rapport maladif à la nourriture, son comportement ambigu avec les femmes. Mais simplement nuancer le propos en contrebalançant avec son génie, sa mise en scène inventive. Oui la scène de la douche de Psychose est abordée, mais la réflexion sur la mise en scène négligée. Hitchcock est alors perçu comme dépendant de sa femme, Alma Reville dans sa vie (personnelle et professionnelle). Elle a forcément joué un rôle prépondérant dans sa carrière, comme monteuse, scripte et soutien moral, mais là le trait est trop exagéré. Est-ce vraiment elle qui le convainc de mettre de la musique sur la scène de la douche? Probablement a priori mais je n'en ai pas la confirmation. En somme, il est juste de montrer les failles de Hitchcock, la pression financière, ses obsessions paranoïaques, il rachète notamment tous les livres de Psycho pour que personne ne puisse divulguer l'histoire, il exige aussi que les spectateurs en retard ne puissent assister aux séances. Le recours au fantôme de Ed Gein, qui a inspiré le personnage de Norman Bates, est une belle trouvaille qui hélas devient pénible à force d'en abuser. A cette réalisation, il manque de la maîtrise, de la sobriété, trop d'effets, notamment dans le jeu cabot d'Anthony Hopkins, et que dire de l'apparition du corbeau alors que juste avant Hitchcock se disait en manque d'idées, la carte de la complicité avec le spectateur apparaît superflue. Un conseil : contentez-vous de ses films, vous en apprendrez bien plus sur lui ( mes préférés, dont l'ordre peut varier sauf pour le premier, 1- Fenêtre sur cour-2 Les enchaînés-3-Psychose-4-L'ombre d'un doute- 5-Sueurs froides).

 

 

Pour les trois derniers films je vais aller à l'essentiel. Je les trouve réussis. De The place beyond the pines, je retiens la qualité des scènes à moto, la performance des acteurs principaux( Ryan Gosling, Bradley Cooper), l'idée de faire de ce film trois histoires qui ont un dénominateur commun, les thèmes abordés : la filiation, l'héritage, le poids du mensonge et ses conséquences, l'ambition, la quête du pouvoir. Je trouve que l'intrigue tient la route, malgré une psychologie des personnages parfois pas assez fouillée. Juste une faveur pour les réalisateurs qui emploieront  dans les prochaines années Ryan Gosling, proposaient lui un autre profil, il a donné (parfaitement c'est entendu) dans le registre taiseux au grand coeur mais qui n'arrive pas à lutter contre ses pulsions, sa panoplie est plus grande, il l'a déjà prouvé.

 

De Blancanieves, transposition moderne en noir et blanc et muet de Blanche-Neige sur fond de corrida, je retiens la qualité de la mise en scène, un sens du suspens efficace lors des scènes dans la propriété d'Encarna, ancien infirmière portée de faço, grotestque sur la mode, et belle-mère de Carmen. L'usage du coq offre de grands moments, la photographie est lumineuse, les combats de corrida intenses, et si la caricature de quelques personnages (l Encarna, l'un des nains) frise le ridicule, la noirceur, la mélancolie, la posésie, et les moments de joie éphémères qui émanent de l'ensemble font bien contrepoids.

 

 

Je termine avec Les gamins. Le film d'Anthony Marcio réussit sa mission, qui est de nouS faire rire. Le duo Alain Chabat-Max Boublil y est pour beaucoup. L'un en crise de la cinquantaine prêt à tout claquer, l'autre bientôt marié à la fille du premier qui se laisse influencer par son mentor, jusqu'à perdre le contrôle de sa vie. Légèreté, sans omettre la réflexion (sur l'engagement, sur le bilan de sa vie, sur la réalisation de ses rêves...), temps morts bien gérés quand la comédie s'estompe, des seconds rôles brillants ( Suzanne le personnage de Sandrine Kiberlain qui ne termine jamais ses phrases, Mélanie Bernier qui donne bien le change à Max Boublil entre folie douce et sens des responsabilités, Kheiron en impayable dirigeant iranien au français incompréhensible, Patrick Bruel en vendeur immobilier sosie de Patrick Bruel, Mélusine Mayance plus vraie que nature en Mimi Zozo, chanteuse adolescence aux caprices de diva...).

 

Le langage pseudo trash rappelle les comédies américaines mais il ne me choque pas. Il y a juste deux scènes qui peuvent heurter : l'une dans la salle des bains se justifie par rapport au déroulement de l'intrigue et de sa résolution, la seconde très drôle tout au long de la dégustation de vin au supermarché se conclut par une réplique mal sentie qui provoque un malaise car elle n'est pas absolument pas drôle et en tout point gratuite. A part ces deux réserves, tout fonctionne : la critique du monde de la musique et de la superficialité qu'entraîne la célébrité (et non la reconnaissance) et l'argent facile dans le show-biz est bien caustique.

 

Parmi les moments phares, je citerai en particulier la dégustation de vin au supermarché, les chansons idiotes tout au long du film, les échanges Chabat-Boublil dans la voiture, la rencontre entre Mélanie Bernier et Max Boublil, la demande en mariage, la réunion de politique internationale qui part à vau-l'eau.

Deux comédies françaises rafraîchissantes,divertissantes et non abrutissantes en un an, en comptant Radiostars, la relève pointe avec brio le bout de son nez.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by dundee
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