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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 10:29

 

 

Parmi les lectures de ces deux derniers mois, je retiens le génial Des fleurs pour Algernon. Je sais, le roman de Daniel Keyes ne date pas d'hier, mais je n'avais pas encore eu l'honneur de le lire. Je connaissais l'histoire puisque j'avais regardé l'adaptation en téléfilm avec Julien Boisselier, et surtout vu la pièce de théâtre (un très beau moment) en janvier avec le talentueux Grégory Gadebois. Si la pièce était réussie, le livre relève la qualité encore  de plusieurs crans, ceux d'un classique de la science-fiction. J'apprécie la science-fiction quand elle interroge aussi subtilement la conscience humaine, le rapport entre science et éthique. Ce journal tenu par Charlie Gordon, arriéré mental qui suite aux tests prometteurs effectués sur la souris Algernon subit une opération faisant de lui un prodige, illustre cette métamorphose entre l'écriture maladroite et confuse des débuts à la maîtrise, à la réflexion profonde, aux questions métaphysiques, aux problèmes d'intégration, aux malaises existentiels qui apparaissent ensuite. L'enjeu est là : Charlie Gordon sera-t-il plus épanoui avec un QI renversant? Quels regards porteront ses anciennes fréquentations devant pareillle transformation? Le renieront-ils? Comment Charlie réagira-t-il face aux douloureux souvenirs de son enfance qui remonteront à la surface? Et enfin sera-t-il prêt à assumer le fait de devenir l'observateur clinique d'une éventuelle rechute?

 

 

 

Deux films au programme : Django Unchained et Happiness therapy. Voilà, Tarantino a enfin rendu hommage au western, en confrontant l'Amérique à sa sombre histoire : celle de l'esclavage, ici juste avant la guerre de Sécession. Tant mieux, cela prouve que le cinéaste peut aussi  adopter un cinéma plus engagé, certains diraient plus mature, plus accompli. Personnellement, son dernier opus n'est pas mon préféré dans sa carrière, je choisis plutôt Pulp Fiction, Jacky Brown. Il n'empêche que la maîtrise est toujours là, la qualité des dialogues, le jeu des acteurs aussi (belles trouvailles avec Di Caprio en méchant, Samuel L Jackson assez méconnaissable,  et Christopher Waltz  en chasseur de primes dandy), la bande-son soignée.  Ainsi que le rythme énergique constant qui empêche tout ennui malgré les 2h45 du film, sans oublier les multiples clins d'oeil pop (notamment avec la présence de Franco Nero, le côté Shaft du héros...), le caractère décalé et digressif, la violence chorégraphiée vertigineuse.

Je vais émettre quand même quelques réserves : si j'accepte la violence des images chez Tarantino, deux scènes n'étaient peut-être pas nécessaires : celle avec les chiens et celle de la lutte à mort entre deux esclaves dans la maison du propriétaire terrien Calvin Candie.  De plus,  si je ne remets pas en cause l'interprétation de Jamie Fox, et le désir de vengeance de son personnage, je regrette le besoin d'en rajouter dans le côté cool du justicier. Si le recours à l'humour sert de contraste et de soupape à la gravité du propos, il est malheureusement parfois avec Django le symbole d'une émotion non assumée, d'un côté héros désinvolte superflu sorti d'un clip vidéo.

 

Happiness therapy, de David O. Russell, malgré quelques creux, se révèle une comédie dramatique (et sentimentale) bien sentie sur la reconstruction, le travail de deuil, la bipolarité, les névroses. D'abord, de grâce les distributeurs français, proposez des titres de films plus cohérents et moins superficiels. Pourquoi choisir ce titre qui signifie la thérapie du bonheur et rappelle bêtement la mode fumeuse et lucrative du développement personnel? Au Québec, Le bon côté des choses a été retenu, ce qui reflète mieux le film.

 

Revenons à l'intrigue. Deux cabossés de la vie, Pat et Tiffany, campés par Bradley Cooper et Jennifer Lawrence, vont trouver une épaule, une stratégie pour contrôler son agressivité et reconquérir sa femme pour le premier, pour chasser son caractère asocial et nymphomane pour la seconde. Bien sûr l'entourage respectif devra se montrer vigilant, notamment les parents de Pat, qui voient le retour de leur fils à la maison, après des mois en hôpital psychiatrique après l'agression de l'amant de sa femme. Les deux héros vont se quereller, se défier, s'apprivoiser en  se préparant pour  un concours de danse.

 

Malgré la gravité du sujet, l'humour est bien présent : il faut voir Pat courir avec un sac poubelle sur le dos,  voir ses réactions à l'écoute de la chanson My cherie amour (l'un des plus insupportables morceaux sirupeux de Stevie Wonder) et après la lecture de L'adieu aux armes, voir l'obsession de son père pour les paris ( le retour à une sobriété salutaire pour le grand Robert De Niro). L'ensemble est doux-amer, bancal, sur le point d'exploser à chaque instant avec ces personnages névrosés attachants.

 

 

Si les dialogues sont parfois un peu trop appuyés et survoltés, et que les relations entre les personnages méritaient un  peu plus de temps pour s'installer, les nominations des quatre acteurs principaux n'étaient pas usurpées (mention aussi à  un  surprenant Chris Tucker). Reste pour Jennifer Lawrence, oscar de la meilleure actrice, à trouver le bon équilibre entre films intimistes et superproductions. Et qu'après X-Men et la trilogie Hunger games, elle abandonnera le rôle de super-héroïne.

 

 

 

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Published by dundee
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commentaires

Guillem 02/03/2013 13:53

J'ai beaucoup aimé Django, cela dure longtemps et malgré tout on ne s'ennuie pas !

dundee 02/03/2013 18:06



Bonjour,


 


Oui, c'est vrai, pas le temps de s'ennuyer.